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Aujourd’hui, je vous parle de ma profession, l’orthopédagogie. Elle est souvent confondue, avec d’autres professions dont le nom est similaire : orthophoniste, orthodontiste et même orthopédiste! Mais d’où vient ce titre et que veut-il dire ? Quel est le rôle de l’orthopédagogue ? Pour qui et surtout, pourquoi le consulter ? Quelle est la formation de l’orthopédagogue ? Vous trouverez certaines réponses dans cet article basé sur mon expérience personnelle.

L’origine de l’orthopédagogie

L’orthopédagogie est née dans les années 1960. C’était la Révolution tranquille ; le Québec légifère l’obligation de scolariser l’ensemble des enfants afin de leur assurer la meilleure réussite tant au plan scolaire qu’une bonne insertion sociale et professionnelle. Pour ce faire, on a conçu une approche novatrice dans chacune des écoles : libérer de sa charge le plus expérimenté des enseignants, répartir ses élèves dans les classes de ses collègues et ainsi, le rendre disponible pour travailler en classe comme en individuel avec les élèves en plus grande difficulté de tous ces groupes. On parlait alors de “dénombrement flottant”.

Ce nouveau soutien au niveau pédagogique s’ajoute en support aux enseignants de classes spéciales en groupes fermés de 8 à 14 élèves en moyenne. Il était le titulaire de classe et détenteur d’un baccalauréat en Enseignement en Adaptation scolaire d’une université du Québec. Cet enseignant libéré souvent choisi sur la recommandation de ses collègues est l’archétype de l’orthopédagogue d’aujourd’hui, soit un professionnel reconnu pour son expertise qui intervient auprès d’une clientèle en difficulté en soutien comme en collaboration avec l’enseignant et la direction de l’école pour favoriser la réussite scolaire du plus grand nombre.

L’Association des Orthopédagogues du Québec a été fondée en 1988 pour veiller à la formation continue de ses membres et poursuivre le développement de leur expertise spécifique en regard des difficultés d’apprentissage. Pour votre information, on distingue, dans les commissions scolaires, 2 groupes d’orthopédagogues; ceux qui demeurent fidèles au modèle de base en dénombrement flottant qui pratiquent au niveau primaire avec un statut d’enseignant et ceux que l’on retrouve au niveau secondaire qui, à titre de professionnels, se concentrent sur l’évaluation, le diagnostic et l’intervention individuelle.

Pour lire sur l’historique de l’orthopédagogie, je vous réfère au livre « Instruire, corriger, guérir ? Les orthopédagogues, l’adaptation scolaire et les difficultés d’apprentissage au Québec, 1950 – 2017 » de Julien Prud’homme.

La définition de l’orthopédagogie

Selon l’étymologie, ‘’ortho’’ prend le sens de ‘’correct’’ et ‘’pédagogie’’ renvoie à la ‘’science de l’éducation des enfants’’ (par extension de la formation intellectuelle des adultes et concerne aussi les interventions de l’enseignant).

Selon le référentiel des compétences professionnelles liées à l’exercice de l’orthopédagogue au Québec (2018), ‘’l’orthopédagogie est un domaine d’intervention et de recherche appliquée dont l’objet est l’évaluation et l’intervention relatives aux apprenants susceptibles de présenter ou présentant des difficultés d’apprentissage incluant les troubles d’apprentissage. Afin de prendre en considération l’ensemble des dimensions contributoires à l’apprentissage, la pratique orthopédagogique se fonde sur la recherche en éducation, plus spécifiquement en orthodidactique, en didactique, en pédagogie et en psychopédagogie. Plus largement, elle s’appuie également sur les connaissances pertinentes issues de la psychologie, de la linguistique, des mathématiques, des neurosciences et des sciences humaines .’’

L’orthopédagogue a deux pôles principaux d’intervention. Dans un premier temps, faire des évaluations orthopédagogiques, c’est-à-dire dresser le portrait intellectuel, académique et socio-affectif de l’élève en regard de l’environnement didactique, pédagogique, psychologique et affectif dans lequel il évolue. Dans un deuxième temps, faire des interventions orthopédagogiques, c’est-à-dire, faire prendre conscience à l’apprenant de son potentiel d’action et de réussite par une meilleure connaissance de son profil spécifique d’apprentissage (trouble d’attention, dyslexique, dysphasique, autisme etc) afin qu’il en tire profit en employant des stratégies compensatoires et en reconnaissant les conditions favorisant sa réussite (utilisation de logiciel, mise en place d’aménagements particuliers, etc). Ces deux types d’interventions sont en continuelles interactions et se complètent ou se modifient au fur et à mesure que la situation évolue.

Plus ces interventions se font en concertation et en partenariat avec le milieu familial, scolaire ou social, plus les résultats sont probants.

Les outils d’évaluation sont divers. Il y a d’abord le dossier personnel de l’élève qui renferme tout ce qui concerne les diagnostics posés, les évaluations antérieures ainsi que des notes ou rapports divers concernant l’ensemble de son cheminement. Pour établir un bon diagnostic, il est impératif de bien étudier tous ces éléments et plus essentiel encore, d’être à l’écoute des différents acteurs entourant l’élève et de l’élève lui-même. Comme je travaille avec “du matériel humain”, l’observation directe, la rencontre et le partage jouent un rôle éclairant sur le diagnostic final. J’ai recours soit à des évaluations standardisées, des grilles d’observation ou des modèles de référence que j’ai conçus au fur et à mesure des défis à relever. Il est de pratique courante, en orthopédagogie, de concevoir des outils et du matériel adaptés au besoin. Rigueur scientifique et créativité sont les deux piliers sur lesquels reposent ma pratique.

Il me faut ici, porter à votre attention que le rôle joué par l’orthopédagogue évolue au fur et à mesure que les recherches en Éducation démontrent l’importance de nouvelles approches et l’apparition de d’autres avenues.

On parle de plus en plus d’inclusion, de conception universelle de l’apprentissage, de communauté d’apprentissage, d’apprentissage coopératif, de classe inversée et de classe à distance, etc. On vit présentement le présentiel d’un jour sur deux avec ce que cela sous-entend de préparations, d’adaptations, de recherches et de suivis de la part des enseignants qui sont laissés pour tout dire seuls devant ce gigantesque défi!

Dans ce contexte de pandémie, l’apport professionnel et le support concret de l’orthopédagogue pour la mise en place de moyens didactiques et d’environnements pédagogiques favorisant l’implantation de ces nouvelles approches prend le premier plan. Comment concevoir des cours à distance intéressants et interactifs pour tous les élèves? Quelles sont les stratégies et les compétences à prendre en compte pour bien suivre un cours par ordinateur? Pour pouvoir le donner ? Faudrait-il prévoir des capsules, des vidéos, des clubs d’échanges pour que chacun des élèves y trouve son compte? Les besoins sont immenses et les outils, tout comme le soutien, nécessaires aux enseignants, sont à peu près absents. Orthopédagogues, à nos postes! Élargissons notre rôle au plus vite !

Vous connaissez maintenant l’origine et la définition de l’orthopédagogie ainsi que le rôle de l’Orthopédagogue. Restez connecté.e.s pour ne pas rater notre prochaine infolettre pour en savoir davantage sur l’orthopédagogie.

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